Avant tout : vous n'êtes pas en France
C'est la confusion la plus coûteuse sur ce sujet, et elle vient de ce que les recherches en français ramènent massivement du contenu français. Si vous êtes résident belge :
- il n'y a pas de PFU ni de « flat tax » à 30 % — le taux belge est de 10 % ;
- il n'y a pas de PEA, ni d'assurance-vie au sens fiscal français ;
- il n'y a pas d'abattement pour durée de détention de 50 % après deux ans ;
- et surtout, il n'y a aucun report des moins-values sur les années suivantes. La France en autorise dix ; la Belgique, zéro.
Les formulaires 2074 et 2042 ne vous concernent pas. Vous déclarez dans un cadre de la déclaration belge, sous un code à quatre chiffres.
Ce qu'est l'opt-out
La taxe sur les plus-values de 10 % frappe les plus-values nettes que vous réalisez sur des actifs financiers à partir du 1er janvier 2026. Un intermédiaire établi en Belgique la retient en principe à la source, mais un investisseur peut demander qu'il ne le fasse pas. C'est l'opt-out.
L'opt-out ne supprime pas la taxe. Il déplace seulement qui la calcule, qui la déclare et qui la paie — de votre courtier vers vous.
Deux groupes s'y trouvent :
- Ceux qui l'ont choisi auprès d'un intermédiaire belge.
- Ceux qui ne l'ont jamais choisi mais y sont quand même. Un courtier étranger ne retient pas la taxe belge : DEGIRO, Interactive Brokers, Trade Republic, Revolut et Trading 212. Et c'est aussi le cas d'au moins un acteur belge : LYNX Belgium retient bien la TOB à la source, mais fonctionne en opt-out pour la taxe sur les plus-values. Retenir la TOB ne veut donc pas dire retenir la taxe sur les plus-values.
Trois tâches passent chez vous
1. Calculer la plus-value vous-même
Sans retenue à la source, aucun intermédiaire n'établit le chiffre pour vous. Vous partez, ligne par ligne, d'une valeur d'acquisition — et pour tout ce que vous détenez avant 2026, ce n'est pas ce que vous aviez payé : c'est la valeur de l'actif au 31 décembre 2025.
Une nuance passe souvent à la trappe. Si cette valeur de référence est inférieure à votre prix d'achat d'origine, c'est ce prix d'origine qui s'applique — et la moins-value qui en découle ne peut pas venir compenser d'autres plus-values.
Voir la valeur au 31 décembre 2025.
2. Tout additionner, tous courtiers confondus
L'exonération est par personne et par an, pas par compte. C'est ce qui rend l'opt-out délicat dès que vous investissez chez plusieurs intermédiaires : aucun d'eux ne voit votre année complète.
La première tranche de 10 000 € de plus-values réalisées est exonérée (exercice d'imposition 2027). L'exonération inutilisée peut être reportée, mais les sources publiées divergent sur le mécanisme — une lecture fait accumuler +1 000 € par année inutilisée, l'autre un solde courant d'exonération inutilisée, toutes deux jusqu'à un total de 15 000 €. Elles donnent un montant différent pour le même investisseur : traitez donc tout chiffre de report comme une hypothèse de travail tant qu'il n'est pas confirmé par une source primaire. Voir l'exonération de 10 000 €.
Le cas le plus pénible est le cas mixte : un courtier a déjà retenu 10 % sans connaître votre exonération, un autre n'a rien retenu. Les deux doivent atterrir dans le même total annuel. Voir plusieurs courtiers, une seule déclaration.
3. Déclarer et payer
C'est l'étape qui ne peut pas encore être bouclée aujourd'hui. Voir ci-dessous.
Ce que le SPF n'a pas encore publié
Le SPF Finances a mis en ligne une page consacrée à la taxe sur les plus-values. Elle confirme le taux, l'exonération de 10 000 € pour l'exercice d'imposition 2027 et la valeur de référence du 31 décembre 2025.
Ce qui n'y figure pas compte tout autant :
- Le cadre et les codes dans lesquels la plus-value se déclare à l'exercice d'imposition 2027. Les annexes sont annoncées, mais absentes.
- La date exacte à partir de laquelle les intermédiaires belges retiennent obligatoirement. Les sources se contredisent.
- La date limite à laquelle il était encore possible d'opter pour l'opt-out.
- Le mode de règlement des plus-values des premiers mois de 2026, pendant la période où la taxe courait déjà mais où la retenue n'était pas possible.
Nous n'inscrirons ces chiffres ici que lorsqu'ils proviendront d'une source primaire. Ce n'est pas une précaution de style : sur ce point précis circulent aujourd'hui des dates qui se contredisent de plusieurs semaines, et une date fausse coûte ici plus cher qu'une date absente.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
La déclaration n'arrive qu'en 2027. Le dossier qui la rendra possible, lui, se constitue maintenant — et ne se reconstitue pas après coup.
- Fixez ligne par ligne la valeur au 31 décembre 2025, avec la source et la date de consultation. Les cours de clôture de fin 2025 deviendront plus difficiles à retrouver d'année en année.
- Conservez pour chaque vente la date, la quantité et le produit. Un courtier qui ne retient rien ne délivre souvent aucune attestation fiscale belge.
- Notez quel compte est en opt-out et lequel ne l'est pas. C'est ce qui détermine si un montant est déjà réglé ou non.
- Faites le total annuel tous comptes confondus, jamais compte par compte.
Un risque distinct des 10 %
La taxe de 10 % suppose que vos opérations relèvent de la gestion normale d'un patrimoine privé. Si votre pratique en sort — par la fréquence, par le recours à l'emprunt, par l'ampleur au regard de votre patrimoine — la qualification change et il ne s'agit plus de 10 %.
Cette distinction existait bien avant 2026 et votre choix d'opt-out n'y change rien. Ce qui change : sans intermédiaire qui retient, votre déclaration devient le seul endroit où ce schéma apparaît. Voir spéculateur ou investisseur professionnel.
Ce que les deux voies signifient pour une année attendue — retenue à la source contre autodéclaration, part récupérable comprise — le simulateur d'opt-out les met côte à côte.
Ce qu'une vente donnée laisserait à retenir ou à déclarer, le simulateur de taxe sur les plus-values le chiffre.
Ceci est une information générale sur la fiscalité belge, et non un conseil fiscal ou en investissement. Les chiffres et dates qui manquent ici manquent parce qu'ils ne sont pas encore confirmés par une source primaire.
Publié le 11 août 2026
Questions fréquentes
- Que signifie l'opt-out pour la taxe sur les plus-values ?
- Que votre intermédiaire ne retient pas les 10 % à la source. La taxe ne disparaît pas : vous la calculez vous-même et vous la réglez via votre propre déclaration. Qui investit chez un courtier étranger — DEGIRO, Interactive Brokers, Trade Republic, Revolut, Trading 212 — s'y trouve d'office, sans avoir jamais rien choisi.
- Suis-je résident belge concerné par le PFU français de 30 % ?
- Non. Si vous êtes résident belge, le prélèvement forfaitaire unique, le PEA et l'abattement pour durée de détention ne vous concernent pas : ce sont des dispositifs français. La Belgique applique 10 % sur les plus-values nettes réalisées à partir du 1er janvier 2026, avec une première tranche exonérée, et surtout — contrairement à la France — elle ne permet aucun report de moins-values sur les années suivantes.
- Quel code utiliser dans ma déclaration pour la taxe sur les plus-values ?
- Il n'est pas encore publié à ce jour. Le SPF Finances a mis en ligne une page consacrée à la taxe, mais les annexes reprenant les cadres et les codes pour l'exercice d'imposition 2027 y manquent toujours. Nous compléterons dès que l'administration publiera ; d'ici là, tout numéro présenté ailleurs comme « le code » relève de la supposition.