Chaque courtier ne voit que sa part
Si vous investissez via DEGIRO, Bolero et Interactive Brokers, aucun des trois ne connaît votre position réelle. Chacun voit ce qui transite par sa propre plateforme, et strictement rien d'autre.
Ce n'est pas un défaut de leurs systèmes : ils n'ont ni le droit ni le moyen de consulter vos comptes ailleurs. Mais cela crée un décalage structurel, car le fisc belge, lui, impose la personne et non le compte. Toutes vos opérations de l'année forment un seul ensemble, réparti sur des relevés qui, pris isolément, ne disent chacun qu'un fragment de l'histoire.
Ajoutez-y le fait que les courtiers ne traitent pas l'impôt de la même façon. Depuis juin 2026, les intermédiaires belges retiennent par défaut la taxe sur les plus-values à la source — une possibilité d'opt-out avait existé jusqu'au 30 juin 2026. DEGIRO, Interactive Brokers et Trade Republic, eux, ne retiennent pas cet impôt : leurs clients déclarent annuellement.
Un même portefeuille peut donc être, pour partie, déjà taxé à la source et, pour partie, entièrement à déclarer.
L'exonération est unique, la retenue ne l'est pas
L'exonération annuelle de 10 000 € s'entend par contribuable, pas par courtier ni par compte. Trois courtiers ne donnent pas droit à trois exonérations.
Surtout, elle ne s'obtient que par la déclaration d'impôt. Un intermédiaire belge qui prélève 10 % le fait sur ce qu'il voit passer chez lui, sans connaître votre exonération ni ce que vous avez réalisé ailleurs. Sa retenue n'est pas un décompte final : c'est une avance.
L'illustration la plus fréquente : 9 000 € de plus-values réalisées chez un courtier belge donnent lieu à 900 € de retenue. L'exonération couvre pourtant l'intégralité de ce gain. L'impôt réellement dû est de 0 €, et les 900 € sont récupérables — à condition d'être réclamés.
Une nuance à connaître : l'exonération est indexée, et un mécanisme de report de la partie non utilisée d'une année sur l'autre est décrit par plusieurs sources, avec des modalités qui divergent — accumulation annuelle par paliers, ou solde courant reporté, avec un plafond global cité autour de 15 000 € selon les commentateurs. Ce mécanisme n'est pas établi de façon concordante et est à vérifier auprès du SPF Finances avant tout calcul reposant dessus.
Les moins-values ne se compensent pas toutes seules
Une perte réalisée chez un courtier ne vient pas automatiquement réduire un gain réalisé chez un autre. Cette compensation existe, mais elle passe elle aussi par la déclaration.
Deux limites l'encadrent, telles qu'elles sont rapportées :
- l'imputation se fait au sein de la même année civile ;
- il n'y aurait pas de report des pertes sur les années suivantes.
Ce second point, ainsi que la question de savoir si les frais de courtage et les taxes de transaction se déduisent du gain, figurent parmi les règles que nos sources ne confirment pas de manière unanime. Nous les signalons plutôt que de les affirmer.
Ce qui est certain, en revanche, c'est qu'une compensation entre courtiers est matériellement impossible à établir sans un relevé qui les rassemble.
Un chiffre par courtier n'a pas de valeur officielle
Il est tentant de vouloir un montant « dû » ou « récupérable » par courtier. Cette notion n'a pas de base légale : la Belgique impose une personne, pas un compte. Il n'existe pas de dette fiscale attachée à un courtier.
Un outil qui affiche une répartition par courtier procède nécessairement à une ventilation conventionnelle du montant global — utile pour rapprocher ce que chaque intermédiaire a retenu de ce qui était finalement dû, mais qui ne doit jamais être présentée comme une position officielle vis-à-vis de l'administration.
Ce que la déclaration attend réellement
Un relevé consolidé, couvrant toute votre période de détention et non la seule année écoulée, contient pour chaque courtier :
- les achats et ventes avec date, quantité et prix, lot par lot ;
- le cours de clôture du 31 décembre 2025 pour les positions antérieures à 2026 ;
- la taxe déjà retenue par chaque intermédiaire ;
- les dividendes et le précompte éventuellement prélevé ;
- la TOB payée ou restant à déclarer, selon le courtier.
Un export limité à 2026 ne suffit pas : il contient des ventes sans les achats correspondants. Aucun calcul ne peut alors établir la valeur d'acquisition, ni la durée de détention de chaque lot — et un outil qui ignorerait le problème aboutirait à un montant imposable trop élevé.
Un dernier élément, sans rapport avec les montants mais qui se traite au même moment : les comptes détenus à l'étranger doivent, selon nos sources, être signalés au registre CAP de la Banque nationale et cochés dans la déclaration annuelle. Les modalités exactes sont à vérifier auprès du SPF Finances.
Vérifiez toujours vos chiffres
Belfolio calcule et présente ces montants à titre informatif. Ce n'est pas un conseil fiscal. Vérifiez-les auprès du SPF Finances ou de votre comptable avant de les reporter dans votre déclaration.
Publié le 28 juil. 2026