Déclarer un compte chez un courtier étranger : le registre BNB et la case XIII

Détenir un compte DEGIRO, Interactive Brokers ou Trade Republic impose deux obligations distinctes à un résident belge — un enregistrement unique auprès de la Banque nationale, et une ligne sur la déclaration chaque année où le compte existe.

Rédigé par Belfolio13 min de lecture

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Deux obligations, pas une

Un résident belge qui ouvre un compte chez un courtier établi à l'étranger — DEGIRO aux Pays-Bas, Interactive Brokers en Irlande, Trade Republic en Allemagne — assume deux obligations de déclaration distinctes. On les confond facilement, et chacune se remplit à un endroit différent :

  • un enregistrement unique du compte auprès du Point de contact central (PCC) tenu par la Banque nationale de Belgique (BNB) ;
  • une mention annuelle du compte sur la déclaration à l'impôt des personnes physiques, dans la case XIII.

Aucune ne remplace l'autre. S'enregistrer auprès de la Banque nationale n'exonère pas le compte de la déclaration, et le mettre sur la déclaration ne l'enregistre pas auprès de la Banque. Les deux sont dues, pour le même compte, par la même personne.

Ce qui rend un compte « étranger »

Le critère est le lieu où le compte est tenu, pas la devise dans laquelle il négocie ni le pays où les actions sont cotées. Un compte chez un courtier établi hors de Belgique est un compte étranger, même s'il ne détient jamais que des euros et des actions européennes.

Cette ligne sépare les plateformes qu'un investisseur belge utilise habituellement. DEGIRO, Interactive Brokers, Trade Republic et BUX sont établis à l'étranger et produisent un compte étranger. Bolero, Keytrade, Belfius Re=Bel, BNP Paribas Fortis, MeDirect et les autres intermédiaires belges non — le compte se trouve en Belgique, et aucune des obligations ci-dessous n'est déclenchée par sa détention.

Un compte-titres compte. Le Rapport au Roi de l'arrêté royal du 23 juin 2019 le dit expressément : bien qu'au sens de la loi PCC un compte-titres soit un « contrat financier » plutôt qu'un « compte », il entre bien dans la définition du compte étranger — « un compte-titre ouvert à l'étranger doit dès lors être déclaré au PCC ».

Une succursale renverse le critère, dans les deux sens. Un compte ouvert en Belgique auprès de la succursale belge d'un établissement étranger n'est pas un compte étranger : cette succursale le communique elle-même au PCC, et le déclarer une seconde fois n'aurait pas d'objet. À l'inverse, un compte ouvert auprès de la succursale étrangère d'un établissement belge en est bien un. Cette précision vient du même Rapport au Roi, qui est le commentaire officiel de l'arrêté — elle ne figure pas sur la page grand public du SPF Finances, laquelle s'en tient à « tout compte auprès d'un établissement financier situé à l'étranger ». Si vous vérifiez cette page après avoir lu ceci, elle semblera dire le contraire.

Ce qui compte est donc l'endroit où votre compte est tenu. Plusieurs courtiers ont ouvert une succursale belge sans y transférer les comptes existants : une succursale enregistrée en Belgique ne suffit pas à conclure que votre compte y est logé, et l'ouverture d'une succursale ne déplace pas rétroactivement un compte déjà ouvert ailleurs. Le pays imprimé sur votre propre relevé, lui, tranche.

Une procuration sur le compte étranger d'un tiers, sans en être titulaire, est traitée différemment de la propriété : en l'état de la lecture actuelle, elle ne crée pas à elle seule l'obligation d'enregistrement. C'est la titularité — seule ou conjointe — qui la crée.

L'enregistrement unique auprès de la Banque nationale

Le Point de contact central est un registre que la BNB tient des comptes et contrats financiers détenus par les résidents belges. Y enregistrer un compte étranger est un acte unique, pas annuel.

Le calendrier suit la déclaration. L'enregistrement doit être en place au plus tard au moment où est déposée la déclaration qui mentionne le compte pour la première fois. Un compte ouvert cette année s'enregistre autour de ce même dépôt, pas dans une saison distincte qui lui serait propre. C'est le texte même de l'article 307, § 1er/1 du CIR 92 : les données doivent être communiquées au point de contact central « au plus tard en même temps que l'introduction de la déclaration ».

Deux nuances accompagnent ce calendrier. L'obligation tombe si la communication a déjà été effectuée lors d'un exercice d'imposition antérieur — c'est ce qui fait de l'enregistrement un acte unique plutôt qu'annuel. Et un enregistrement en retard reste dû : la BNB demande de le faire quand même, la communication étant alors simplement considérée comme tardive.

Ce que le registre demande relève de l'identification plus que des soldes : le numéro de compte (l'IBAN quand il y en a un), le nom de l'institution et son pays, et l'année d'ouverture du compte. Un changement ultérieur — une clôture, un nouveau compte — se signale de la même manière, ce qui fait que l'« unique » se lit mieux comme « une fois par compte » que « une fois pour toutes ».

Comment cela se dépose : en ligne, sur cappcc.nbb.be, avec itsme® ou votre carte d'identité électronique — les deux seuls moyens d'identification que la notice de la BNB nomme. C'est un canal de la Banque nationale, distinct de MyMinfin et de la déclaration fiscale elle-même ; la BNB décrit la marche à suivre sur sa page dédiée au PCC.

Le formulaire papier existe toujours, et il est exigeant : en majuscules d'imprimerie, signé à la main, accompagné d'une copie recto verso de la pièce d'identité — à défaut, la communication est refusée — et envoyé à la Banque nationale de Belgique, Point de contact central, boulevard de Berlaimont 14, 1000 Bruxelles. La BNB refuse tout envoi par e-mail, y compris le scan d'un formulaire signé.

La ligne annuelle sur la déclaration : la case XIII

Séparément, la déclaration à l'impôt des personnes physiques porte le compte chaque année où il existe. La partie concernée est la case XIII, dont la rubrique A — « Comptes à l'étranger » porte, pour l'exercice d'imposition 2026 (revenus 2025), le code 1075-89. Il n'existe pas de code partenaire distinct : le même code couvre les deux conjoints ou cohabitants légaux qui souscrivent la déclaration ensemble. Comptes-titres et comptes de liquidités relèvent de la même rubrique, qui vise les comptes de toute nature — il n'y a pas de code séparé pour un compte de courtage.

Ce que la rubrique demande surprend souvent, parce qu'elle demande beaucoup moins qu'on ne le croit. Vous cochez « Oui », puis vous indiquez, par compte :

  • le nom et le prénom du titulaire ;
  • le pays où le compte était ouvert ;
  • et vous cochez une seconde case : les données du compte prévues par la loi ont-elles été communiquées au Point de contact central de la BNB ?

Ni le numéro de compte ni le nom de l'institution ne figurent sur la déclaration. Ces deux-là ne vont qu'au PCC. La déclaration se contente de nommer le titulaire, le pays, et de constater que le registre a bien été servi — ce qui est la façon la plus claire de voir comment les deux obligations s'articulent : la seconde case à cocher pointe vers la première.

La rubrique B est un autre sujet — certains contrats d'assurance-vie individuelle souscrits à l'étranger — et n'est pas l'endroit d'un compte de courtage.

Deux points méritent d'être dits sans détour, car les deux prennent les gens de court.

C'est annuel, et indépendant du revenu. Le compte est mentionné pour chaque année où il a existé, qu'il ait ou non versé un dividende ou réalisé une plus-value cette année-là. La mention porte sur le compte, pas sur ce qu'il a rapporté.

Un code vaut pour un millésime. 1075-89 est relevé sur le document préparatoire et les explications de la déclaration exercice d'imposition 2026 publiés par le SPF Finances. Les codes et leurs libellés sont refixés chaque année : la déclaration que vous remplissez réellement — ses propres intitulés et ses instructions — fait foi, pas un code repris d'une année antérieure.

Les données que chaque courtier vous donne réellement

C'est le registre qui demande le détail — l'institution, son pays et le numéro de compte ; la déclaration, elle, ne réclame que le titulaire et le pays. Les données ci-dessous servent donc d'abord l'enregistrement au PCC. Chaque courtier les présente différemment, et l'identifiant qui désigne votre compte n'est pas toujours l'IBAN qui sert à l'alimenter. En l'état de ce qui est publié :

Courtier Compte tenu chez Identifiant qui désigne le compte Où le trouver
DEGIRO flatexDEGIRO Bank SE, Francfort — la forme juridique est passée de AG à SE le 30 décembre 2025, « AG » est un nom périmé. Pays : voir la mise en garde ci-dessous. BIC généralement BIWBDE33XXX. Votre numéro de compte DEGIRO, plus l'IBAN de liquidités lié lorsqu'il est affiché. Dans la plateforme sous Déposer / retirer → virement SEPA, et sur les relevés périodiques sous Activité / Documents.
Interactive Brokers Interactive Brokers Ireland Ltd, Dublin — Irlande. Votre numéro de compte — le numéro en U (p. ex. U1234567). IBKR attribue un numéro en U, pas un IBAN personnel. Dans le Client Portal sous Settings ; le numéro en U figure aussi en tête de chaque Activity Statement sous Performance & Reports.
Trade Republic Trade Republic Bank GmbH, Berlin — Allemagne. BIC TRREDEFFXXX. Votre IBAN allemand personnel (DE…). Dans l'application sous Profil → détails du compte, et sur les documents de virement et de règlement.
BUX BUX B.V., Amsterdam — Pays-Bas (groupe ABN AMRO ; actifs conservés chez ABN AMRO Clearing Bank). Votre numéro de dépôt (« depot number ») — l'identifiant que BUX lui-même indique aux clients belges de déclarer. Sur le relevé fiscal mensuel émis par BUX, et dans les détails d'alimentation de l'application. BUX publie un guide de déclaration dédié aux résidents belges.

Trois mises en garde se logent dans ce tableau, et elles expliquent pourquoi la règle est « relevez-le sur vos propres documents » plutôt que « recopiez la ligne ci-dessus ».

L'adresse et le pays ne suivent pas la même règle. La BNB demande l'adresse du siège social de l'établissement, pas celle de la succursale — mais le pays demandé est celui où le compte a été effectivement ouvert, et les deux peuvent diverger. L'exemple que donne la BNB elle-même est net : un compte-titres ouvert à la succursale parisienne d'un agent de change allemand se déclare avec l'adresse du siège allemand et le pays France.

C'est exactement pourquoi le tableau ci-dessus ne donne pas de pays pour DEGIRO. L'entité est allemande et son siège est à Francfort ; mais où le compte d'un client belge est effectivement ouvert — siège allemand ou succursale néerlandaise — n'est établi par aucune source publiée que nous ayons pu vérifier. Le pays imprimé sur votre propre relevé est la réponse, et il prime sur toute déduction faite depuis le drapeau de la plateforme.

Le numéro de compte n'est pas l'IBAN d'alimentation. Chez Interactive Brokers, l'IBAN affiché dans les instructions de dépôt est un compte de fonds clients mutualisé servant à acheminer l'argent ; ce qui identifie votre compte est le numéro en U. Là où le registre demande le numéro de compte, c'est l'entrée la plus fidèle.

Les entités et les codes bougent, et les BIC ci-dessus ne sont pas de source officielle. Un courtier peut changer de partenaire bancaire, se redomicilier ou fusionner — flatexDEGIRO est justement passée de AG à SE fin 2025. Les BIC circulent via des annuaires en ligne plutôt que via un registre public que nous ayons pu consulter, et la BNB donne d'ailleurs la bonne méthode : le BIC est « généralement mentionné sur les extraits de comptes ». Lisez-le sur le vôtre plutôt que de recopier la ligne ci-dessus.

Ce que coûte l'omission

L'amende applicable est celle de l'article 445, § 1er du CIR 92 — « une amende de 50 euros à 1.250 euros » pour toute infraction au Code — dont l'échelle est fixée par l'article 229/1 de l'AR/CIR 92. Elle monte avec le rang de l'infraction :

Nature de l'infraction 1re 2e 3e 4e Suivantes
Circonstances indépendantes de la volonté du contribuable Néant
Sans mauvaise foi ni intention d'éluder l'impôt 50 € 125 € 250 € 625 € 1 250 €
Avec mauvaise foi ou intention d'éluder l'impôt 1 250 € 1 250 € 1 250 € 1 250 € 1 250 €

Le compteur se remet à zéro si aucune infraction n'a été sanctionnée au cours des quatre exercices d'imposition précédents.

Un point mérite d'être dit parce qu'on lit souvent le contraire : le texte vise une amende « pour toute infraction » et l'échelle est graduée par rang, sans multiplicateur explicite par compte ni par année. Le § 2 du même article prévoit bien, lui, une amende « par année et par construction juridique non mentionnée » — mais cette formulation par unité existe pour les constructions juridiques et est absente pour les comptes. Les montants de 6 250 €, de 1 250 à 25 000 €, ou de 50 000 à 1 000 000 € que l'on croise parfois relèvent d'autres paragraphes, ou d'une loi qui vise les institutions déclarantes — pas le titulaire d'un compte.

Où cela se situe par rapport à l'impôt lui-même

C'est une obligation de déclaration, et elle se tient à part des impôts qu'un courtier étranger vous laisse régler. La taxe sur les opérations de bourse (TOB), le précompte de 30 % sur les dividendes étrangers, et — depuis 2026 — la taxe sur les plus-values réalisées se calculent et se déposent chacun selon ses propres règles. La mention en case XIII et l'enregistrement à la BNB n'en calculent aucun. Ils actent que le compte existe ; les lignes d'impôt sont un décompte distinct, traité dans leurs propres guides.

Ce qui relie les deux est le fait même qui rend un courtier étranger pratique et une déclaration belge plus lourde : personne d'autre ne remplit cela pour vous. Une banque belge enregistre votre compte belge et retient au fil de l'eau. Un courtier à l'étranger ne fait ni l'un ni l'autre, si bien que l'entrée au registre et la ligne en case XIII sont toutes deux à vous de faire.

Belfolio rassemble le relevé multi-courtiers d'où ces lignes sont tirées — quel compte détenait quoi, où il était établi, et ce que chaque position a rapporté — plutôt que de le laisser éparpillé sur trois relevés qui ne se rencontrent jamais.

Vérifiez toujours vos chiffres

Belfolio calcule et présente ces montants à titre d'information uniquement. Ceci n'est pas un conseil fiscal. Vérifiez-les, ainsi que vos propres obligations déclaratives, auprès du SPF Finances, de la Banque nationale ou de votre comptable avant de déposer.

Publié le 8 août 2026

Questions fréquentes

Quels courtiers comptent comme compte étranger ?
Le lieu où le compte est tenu, pas la devise dans laquelle vous négociez. DEGIRO, Interactive Brokers, Trade Republic et BUX sont établis hors de Belgique : ce sont des comptes étrangers. Bolero, Keytrade, Belfius Re=Bel, BNP Paribas Fortis et les autres intermédiaires belges ne le sont pas. Un compte tenu par la succursale belge d'un établissement étranger fait exception : il n'est pas un compte étranger, car la succursale le communique elle-même au PCC.
Quel code faut-il cocher sur la déclaration ?
Pour l'exercice d'imposition 2026, la rubrique A de la case XIII porte le code 1075-89, et il n'existe pas de code partenaire distinct. Vous y indiquez le nom du titulaire et le pays du compte, puis vous cochez que les données ont été communiquées au PCC — ni le numéro de compte ni le nom de l'institution ne figurent sur la déclaration.
Dois-je m'enregistrer auprès de la Banque nationale chaque année ?
Non. L'enregistrement auprès du Point de contact central est unique, mis à jour uniquement quand le compte change ou est clôturé. C'est la déclaration qui porte le compte chaque année où il existe.
Un compte sans revenu doit-il quand même être déclaré ?
En l'état de la lecture actuelle, oui — l'obligation tient à l'existence du compte, pas au fait qu'il ait produit un revenu dans l'année. Un compte dormant détenu pendant l'année reste un compte détenu à l'étranger.

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