Ce que vous achetez, avant même de parler d'impôts
Un ETF est un fonds coté en bourse qui détient un panier de titres — souvent un indice. Vous achetez une part de ce fonds, pas les actions elles-mêmes. Deux conséquences de cela commandent tout le reste.
La première est la diversification : votre argent est réparti sur des centaines ou des milliers d'entreprises à la fois, ce qui réduit le risque qu'une seule fasse défaut et laisse intact le risque que l'ensemble du marché baisse. Un ETF ne supprime pas le risque de marché ; il supprime le risque d'un seul nom.
La seconde est la structure. Le fonds est une construction juridique avec son propre domicile, son propre statut d'enregistrement et sa propre décision sur ce qu'il fait des dividendes. Ce sont précisément ces trois caractéristiques — et non le rendement — qui déterminent ce que vous payez dessus en Belgique.
Le compte : où vous achetez change ce que vous devez faire
Il vous faut un compte-titres. Ce que vous choisissez ne change pas les taux d'imposition : ils sont belges, donc identiques partout. Cela change qui les verse.
- Chez un intermédiaire belge, la TOB est en général retenue à la source, et à partir de juin 2026 l'impôt sur les plus-values en principe aussi.
- Chez un courtier étranger, rien ou seulement une partie est retenu. L'impôt reste dû ; c'est simplement vous qui le déclarez, tous les mois pour la TOB et une fois par an pour le reste.
Où chaque courtier s'arrête est présenté côte à côte dans le comparatif des courtiers et des impôts belges, avec la source de chaque cellule.
Une obligation tient au compte lui-même et non à ce que vous en faites : un compte étranger s'enregistre auprès du Point de contact central de la Banque nationale et se mentionne chaque année en case XIII. La marche à suivre est dans le guide du compte étranger ; c'est ce qu'on oublie le plus souvent la première année.
Les quatre couches de coûts
Les coûts sont la seule chose certaine à l'avance quand on investit. Ils arrivent en quatre couches, qui ne fonctionnent pas de la même façon.
- Les frais courants du fonds (TER). Un pourcentage annuel prélevé dans le cours du fonds. Vous n'en recevez jamais de facture.
- Les frais de transaction de votre courtier. Un montant fixe ou variable par ordre. C'est la seule couche qui varie réellement d'un courtier à l'autre.
- La TOB. Un impôt dû à chaque achat et à chaque vente. Il est identique partout — c'est une taxe, pas un tarif de courtier.
- L'impôt sur ce que cela rapporte. Précompte mobilier sur les dividendes, et depuis 2026 un impôt sur les plus-values à la vente.
Les deux premières couches sont des coûts ; les deux dernières sont des impôts. Les distinguer a son utilité : seule la deuxième change quand on change de courtier.
La TOB : 0,12 % ou 1,32 %, et pourquoi ce n'est pas dans l'ISIN
Sur un point la Belgique est singulière, et c'est justement là que se trouvent les plus gros montants. Le taux de TOB d'un fonds dépend de deux faits ensemble :
- le fonds est-il enregistré en Belgique pour la commercialisation, et
- la classe de parts capitalise-t-elle (réinvestit-elle les dividendes) ou distribue-t-elle ?
Ce n'est que si les deux sont vrais que le taux est de 1,32 %. Si le fonds n'est pas enregistré ici mais est domicilié dans l'EEE, c'est 0,12 % — quelle que soit la classe. Aucune des deux conditions ne suffit seule, et aucune des deux ne se lit dans l'ISIN. Deux classes d'un même fonds ont chacune leur ISIN et peuvent donner chacune une réponse différente.
Concrètement : sur un achat de 10 000 €, c'est la différence entre 12 € et 132 €. Ce que nous avons pu établir fonds par fonds figure dans l'aperçu fiscal par ETF, avec la source de chaque ligne et, là où nous ne savons pas, la mention que nous ne savons pas.
Ce qui atterrit ensuite sur votre déclaration
Après l'achat, il reste du travail, et sa quantité dépend du compte choisi plus haut.
- TOB : si elle n'est pas retenue, vous la déclarez vous-même chaque mois via MyMinfin, avec une échéance propre à chaque mois.
- Dividendes : si le précompte mobilier de 30 % n'est pas retenu, le montant brut passe dans votre déclaration annuelle.
- Plus-values : l'exonération annuelle de 10 000 € se récupère toujours par la déclaration annuelle — même si votre courtier a déjà retenu les 10 % à la source. Retenu ne veut pas dire réglé.
- Compte étranger : enregistrement au PCC et mention en case XIII.
Pour savoir ce qu'un ordre coûte en TOB avant de le passer, le simulateur de TOB le chiffre à partir des mêmes données que les tableaux ci-dessus ; le calculateur fait de même pour un portefeuille entier.
Là où cela dérape le plus souvent
Pas au moment de choisir le fonds, mais après. Les trois cas qui reviennent le plus : un compte étranger non déclaré la première année, des déclarations TOB mensuelles remarquées un an trop tard, et l'idée que la retenue à la source règle automatiquement l'exonération de 10 000 €. Les trois sont administratifs, et les trois coûtent de l'argent sans que le placement lui-même ait posé le moindre problème.
D'autres briques, d'autres règles
Tout ce qui précède vaut pour les fonds cotés. Deux placements que les investisseurs belges détiennent souvent à côté relèvent d'une logique fiscale tout autre et ont chacun leur guide :
- Les SCPI françaises : des revenus immobiliers français, où une convention et une exonération avec réserve de progressivité prennent la place de la TOB et de l'impôt sur les plus-values — fiscalité des SCPI françaises pour un résident belge.
- Le prêt P2P et le prêt d'actions : non pas une plus-value mais un revenu mobilier, imposé à 30 % — fiscalité du prêt d'actions et du prêt P2P.
Ni l'un ni l'autre n'est une variante d'ETF. Ils figurent ici parce qu'ils cohabitent souvent dans le même portefeuille tout en obéissant à d'autres règles.
Vérifiez toujours vos propres chiffres
Belfolio calcule et présente ces montants à titre d'information. Il ne s'agit ni d'un conseil fiscal ni d'un conseil en investissement. Les taux et le statut d'enregistrement des fonds évoluent ; vérifiez vos montants auprès du SPF Finances ou de votre comptable avant de déclarer.
Publié le 9 août 2026
Questions fréquentes
- Faut-il un courtier belge pour acheter un ETF ?
- Non. Vous pouvez passer par un courtier belge ou étranger et vous payez les mêmes impôts belges dans les deux cas. La différence porte sur qui les verse : un intermédiaire belge retient généralement à la source, tandis qu'avec un courtier étranger vous déclarez vous-même.
- Combien de TOB paie-t-on sur un ETF ?
- 0,12 %, 0,35 % ou 1,32 % selon le fonds. Le taux de 1,32 % ne s'applique que si le fonds est enregistré en Belgique et que la classe capitalise — les deux conditions ensemble. Pour la plupart des fonds détenus en Belgique, cela revient à 0,12 % ou 1,32 %, soit un facteur onze.
- Dois-je déclarer un compte-titres étranger ?
- Oui. Un compte chez un courtier étranger doit être enregistré une fois auprès du Point de contact central de la Banque nationale, puis mentionné chaque année en case XIII de votre déclaration. Cette obligation existe indépendamment de ce que vous faites sur le compte.