Deux formes de prêt, une même famille fiscale
Deux choses que l'investisseur belge rencontre de plus en plus sont du prêt qui ne dit pas son nom. La première est le programme de prêt d'actions d'un courtier — vous laissez le courtier prêter vos titres à des vendeurs à découvert et recevez une rémunération. La seconde est le prêt entre particuliers (P2P) ou crowdlending — vous prêtez de l'argent via une plateforme et recevez des intérêts.
Elles semblent différentes, mais la fiscalité belge les range dans la même famille : les revenus mobiliers (roerende inkomsten), imposés au taux standard de 30 %. Et dans les deux cas, celui qui vous paie est le plus souvent établi à l'étranger, ce qui détermine où l'impôt est effectivement réglé.
Prêter vos actions à votre courtier
Un programme de prêt d'actions vous rémunère pour rendre vos positions disponibles à l'emprunt. Cette rémunération est un revenu mobilier, imposable à 30 %. Une banque belge retiendrait cet impôt à la source ; un courtier étranger qui gère le programme ne le fait pas, si bien que la rémunération brute vous revient à porter sur la déclaration annuelle, où les 30 % s'appliquent.
Sous la rémunération se loge un point plus subtil, et c'est celui sur lequel il vaut la peine de ralentir.
Le dividende que vous ne recevez plus. Tant qu'une action est prêtée au moment du détachement du coupon, le dividende va à celui qui détient l'action à cet instant — pas à vous. Le programme vous compense par une indemnité, un « dividende manufacturé ». Le piège est que ce versement est un substitut, pas le dividende. Imposé comme revenu mobilier à 30 %, certes — mais les avantages attachés à un vrai dividende ne le suivent pas de manière évidente :
- la récupération des premiers 833 € de dividendes par personne (la tranche que vous pouvez reprendre sur la déclaration) est un avantage propre aux dividendes, et une indemnité n'en est pas clairement un ;
- tout précompte étranger déjà supporté sur le dividende sous-jacent, qu'un vrai dividende permet d'imputer sur l'impôt belge, pourrait ne pas être imputable de la même manière une fois la somme reçue à titre d'indemnité.
Rien de cela n'est tranché ici — c'est signalé. Le point est seulement que prêter une action à dividende peut discrètement transformer un dividende partiellement soulagé en revenu de substitution pleinement imposé, et que cet arbitrage mérite d'être vu avant l'adhésion, pas après.
Prêter votre argent sur une plateforme P2P
Les intérêts du P2P et du crowdlending — Mintos, PeerBerry et consorts — sont un revenu mobilier, des intérêts, imposés à 30 %. Ces plateformes sont établies hors de Belgique et n'appliquent aucun précompte belge : la mécanique reflète celle de la rémunération de prêt : les intérêts bruts vont dans la section des revenus mobiliers de la déclaration annuelle (case VII sur les déclarations récentes), et les 30 % y sont calculés.
Deux particularités belges entourent cette règle simple.
Des incitants existent, mais ils sont étroits et conditionnels. Les dispositifs régionaux de prêt entre proches — le Winwinlening flamand, le Prêt Coup de Pouce wallon, le Proxi-lening bruxellois — accordent au prêteur un crédit d'impôt calculé sur le capital prêté, plus un crédit ponctuel en cas de défaut de l'emprunteur. Notez ce que c'est et n'est pas : c'est une réduction liée au capital, pas une exonération des intérêts, qui restent revenus mobiliers à 30 %. Il existe aussi un régime fédéral pour les intérêts de prêts à des petites entreprises débutantes via une plateforme de crowdfunding agréée, où les intérêts jusqu'à un plafond indexé peuvent être exonérés les premières années. Les deux s'accompagnent de vraies conditions — l'emprunteur, la plateforme, la durée de détention — et les montants sont indexés : ce sont des choses à vérifier au regard des règles en vigueur, pas à revendiquer sur la foi d'une catégorie.
Une plateforme étrangère peut aussi être un compte à l'étranger. Lorsque votre argent réside dans un portefeuille ou un compte détenu chez la plateforme à l'étranger, l'obligation distincte de déclarer un compte étranger — l'enregistrement auprès du Point de contact central de la Banque nationale et la mention en case XIII — peut être déclenchée, indépendamment de l'impôt sur les intérêts. Cette obligation a son propre guide.
Pourquoi les deux vous reviennent
Le fil qui traverse les deux volets est le même que celui qui traverse un courtier étranger en général : personne ne retient l'impôt belge pour vous. Une rémunération de prêt d'actions d'un courtier étranger, et des intérêts d'une plateforme de prêt étrangère, arrivent bruts. Les 30 % ne sont pas sautés — ils sont reportés à la déclaration, où le montant brut est déclaré et l'impôt calculé dessus.
Cela fait de chacun de ces éléments une ligne que vous assemblez vous-même, à partir des relevés de la plateforme, plutôt qu'un chiffre qui arrive déjà réglé. Le rôle de Belfolio est de rassembler ces montants en un seul relevé et de montrer comment chacun a été obtenu, plutôt que de laisser une rémunération de prêt ou une tranche d'intérêts P2P passer inaperçue sur un relevé étranger jusqu'à l'échéance de la déclaration.
Vérifiez toujours vos chiffres
Belfolio calcule et présente ces montants à titre d'information uniquement. Ceci n'est pas un conseil fiscal. Vérifiez-les, ainsi que les avantages applicables à votre situation, auprès du SPF Finances ou de votre comptable avant de déposer.
Publié le 8 août 2026
Questions fréquentes
- La rémunération d'un programme de prêt d'actions du courtier est-elle imposable en Belgique ?
- En l'état de la lecture actuelle, oui — c'est un revenu mobilier, imposable à 30 %. Un courtier étranger ne retient pas l'impôt belge dessus : la rémunération brute figure sur votre déclaration annuelle, où les 30 % sont réglés.
- Comment sont imposés les intérêts d'une plateforme P2P comme Mintos ?
- Comme un revenu mobilier à 30 %. Les plateformes étrangères n'appliquent pas de précompte belge : vous déclarez les intérêts bruts dans la case des revenus mobiliers et l'impôt est calculé dessus.
- L'exonération de 833 € sur les dividendes couvre-t-elle une indemnité de prêt ?
- C'est douteux. Cette exonération vise les dividendes ; une somme reçue à la place d'un dividende pendant que votre action est prêtée est une indemnité, pas le dividende lui-même — savoir si elle y donne droit est précisément un point à vérifier plutôt qu'à présumer.