Le précompte mobilier de 30 % sur les dividendes

Comment le précompte de 30 % s'applique, pourquoi les clients de DEGIRO déclarent eux-mêmes, et ce que recouvre la première tranche de dividendes récupérable.

Rédigé par Belfolio5 min de lecture

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Un taux de 30 %, distinct de la taxe sur les plus-values

Les dividendes sont soumis en Belgique à un précompte mobilier de 30 %.

C'est un prélèvement entièrement séparé de la taxe sur les plus-values entrée en vigueur en 2026. Les deux ne se croisent pas : l'une porte sur le résultat d'une vente, l'autre sur un revenu distribué pendant la détention. Un portefeuille peut très bien ne dégager aucune plus-value imposable et supporter chaque année un précompte substantiel sur ses dividendes.

Le précompte est généralement présenté comme libératoire : lorsqu'il a été correctement retenu, le revenu ne devrait plus devoir être repris dans la déclaration. Nous n'avons pas vérifié ce point dans le texte de l'administration, et il s'articule avec la récupération des 833 € décrite plus bas — ne le traitez pas comme acquis. Encore faut-il, de toute façon, que le précompte ait effectivement été retenu : c'est là que les courtiers divergent.

Ce que DEGIRO ne fait pas

Deux absences méritent d'être connues des clients de DEGIRO.

DEGIRO ne retient pas le précompte mobilier belge sur les dividendes. Ce que vous voyez arriver sur votre compte n'a pas été soumis au prélèvement belge, même si une retenue étrangère a pu être opérée en amont dans le pays de la société distributrice.

DEGIRO ne délivre pas d'attestation fiscale belge. Il n'existe donc pas de document récapitulatif reprenant, ligne par ligne, ce qui aurait été retenu au titre du précompte belge.

La conséquence est directe : les revenus concernés sont à reprendre par vos soins dans la déclaration annuelle. L'effort est modeste — de l'ordre d'une heure par an selon les retours publiés — mais il repose intégralement sur vos propres relevés. En pratique, cela signifie reconstituer, à partir de l'export « Compte », la liste des dividendes perçus, leur date, leur montant brut, leur devise et l'éventuelle retenue étrangère déjà appliquée.

Cette situation vaut également pour les autres courtiers étrangers qui ne retiennent pas le précompte belge.

La tranche récupérable : un montant à confirmer

Un point revient régulièrement dans les discussions entre investisseurs belges : une première tranche de dividendes peut être récupérée via la déclaration d'impôt. Le précompte prélevé sur cette tranche est restitué lorsqu'il est réclamé dans la case appropriée.

Le principe est réel. Le montant exact, lui, demande une précaution.

Le chiffre le plus souvent avancé est d'environ 833 € de dividendes bruts par contribuable et par an. Notre documentation interne classe ce montant comme à vérifier : il s'agit d'un plafond indexé, susceptible de changer d'un exercice à l'autre, et les sources publiques ne concordent pas toujours sur le chiffre en vigueur pour une année donnée. Le code de la déclaration dans lequel la restitution se réclame est, lui aussi, à confirmer.

Autrement dit : traitez 833 € comme un repère à confronter au montant indexé actuellement applicable, publié par le SPF Finances, et non comme une donnée acquise. Un calcul mené sur un plafond périmé produit une restitution fausse dans les deux sens.

Comment le calcul s'articule

La mécanique, sous réserve du montant exact de la tranche, se lit en trois temps.

  1. On retient le montant brut des dividendes perçus sur l'année, tous courtiers confondus, puisque le plafond s'apprécie par contribuable et non par compte.
  2. On applique la tranche : seule la partie des dividendes qui s'y inscrit ouvre droit à restitution.
  3. On applique le taux de 30 % à cette partie — le montant restituable ne pouvant en aucun cas dépasser ce qui a réellement été retenu.

Ce dernier garde-fou est le plus souvent négligé. Si aucun précompte belge n'a été prélevé — le cas des clients de DEGIRO, précisément — il n'y a rien à restituer sur cette base : le dividende est simplement à déclarer et sera imposé au taux applicable.

Ce que vos relevés doivent contenir

Pour reconstituer l'ensemble, il faut, pour chaque dividende :

  • la date de paiement ;
  • le montant brut et la devise ;
  • la retenue étrangère éventuellement appliquée à la source ;
  • le précompte mobilier belge retenu, s'il l'a été ;
  • l'instrument et le courtier concernés.

Les montants en devise étrangère supposent une conversion à un cours de référence daté ; conserver le cours utilisé sur chaque ligne rend le calcul vérifiable a posteriori.

Une note souvent mal rapportée : la taxe dite Reynders — 30 % sur la composante d'intérêts des fonds détenant plus de 10 % de créances — a été annoncée comme supprimée en 2025, mais la loi adoptée l'a maintenue. À la vente d'un tel fonds, la composante d'intérêts est taxée d'abord à 30 %, et la taxe sur les plus-values de 10 % s'applique au solde — deux prélèvements, chacun sur sa tranche, jamais deux fois le même euro. C'est une taxe à la cession de fonds, pas sur les dividendes : elle vit à côté du précompte décrit ici, pas dedans. Comment les deux prélèvements s'articulent, avec un exemple chiffré, est détaillé dans l'article sur la taxe Reynders.

Ce que la tranche fait sur un dividende isolé, le simulateur de précompte mobilier le montre ; le total sur l'ensemble de vos comptes, le calculateur.

Vérifiez toujours vos chiffres

Belfolio calcule et présente ces montants à titre informatif. Ce n'est pas un conseil fiscal. Vérifiez-les auprès du SPF Finances ou de votre comptable avant de les reporter dans votre déclaration.

Publié le 15 juil. 2026

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