Deux couches d'impôt, pas une
Un dividende versé par une société étrangère à un résident belge est taxé deux fois, à deux endroits différents. Le pays où siège la société retient d'abord. Ensuite, la Belgique applique son propre précompte de 30 % — le précompte mobilier / roerende voorheffing — sur ce qui reste.
C'est distinct de l'impôt de 10 % sur les plus-values et de la TOB, et c'est distinct du tableau « 30 % belges seulement » exposé dans le guide compagnon, Le précompte mobilier de 30 % sur les dividendes. Ce guide-là traite des dividendes une fois entrés dans le système belge. Celui-ci traite de ce qui se passe avant — la couche étrangère, que la plupart des courtiers ne règlent pas pour vous.
États-Unis : 30 % par défaut, 15 % avec un W-8BEN
Les dividendes américains sont le cas le plus clair. Le taux de retenue américain par défaut sur un dividende versé à un non-résident est de 30 %.
En vertu de la convention fiscale États-Unis–Belgique, un résident belge détenant des actions américaines comme simple investisseur particulier a droit à un taux réduit de 15 %. Le document qui le réclame est le W-8BEN : un formulaire que le courtier recueille, sur lequel le détenteur certifie sa résidence belge et revendique le bénéfice de la convention. Avec un W-8BEN valide, l'agent payeur américain applique 15 % à la source au lieu de 30 %.
L'écart n'est pas anodin. Sur un dividende américain brut de 1 000 € :
- sans W-8BEN : 30 % (300 €) sont retenus aux États-Unis, et 700 € arrivent ;
- avec un W-8BEN : 15 % (150 €) sont retenus, et 850 € arrivent.
Les courtiers qui traitent des actions cotées aux États-Unis demandent généralement un W-8BEN à l'ouverture du compte ; il expire et doit être renouvelé périodiquement. Savoir s'il en existe un et à quel taux les dividendes américains sont réellement retenus se lit sur les lignes de dividendes des relevés de compte.
France : une retenue, un plafond conventionnel, et un crédit revenu
Les dividendes français suivent un autre chemin. La France retient à son taux interne (souvent 12,8 %), et la convention France–Belgique plafonne la part française à 15 % pour un résident belge.
Ce qui fait de la France un cas à part, c'est le côté belge. Pendant des années, l'administration belge a refusé aux investisseurs belges tout crédit pour l'impôt français, produisant une double imposition intégrale. À la suite de décisions de justice répétées, l'administration a accepté, en 2025, un crédit d'impôt étranger (la quotité forfaitaire d'impôt étranger / forfaitair gedeelte van de buitenlandse belasting — QFIE/FBB) sur les dividendes français, d'un montant de 15 %, qui allège une partie de la charge belge.
C'est récent, propre aux dividendes français et encore mouvant. Cela ne s'étend pas aux dividendes américains ni à d'autres pays, les conditions exactes et la manière de le réclamer ont évolué dans le temps, et une future convention France–Belgique pourrait encore les modifier. C'est précisément le genre de point à confirmer auprès d'une source primaire à jour ou d'un comptable plutôt qu'à lire dans un article — celui-ci compris.
Les 30 % belges restent par-dessus
Pour la plupart des dividendes étrangers — américains inclus — la Belgique applique ensuite ses 30 % au montant net de la retenue étrangère, et aucun crédit belge n'est accordé pour l'impôt étranger. C'est ce qui produit la lourde charge combinée que les investisseurs belges constatent sur leurs positions américaines.
En reprenant l'exemple des 1 000 € américains, avec un W-8BEN en place :
- 150 € retenus aux États-Unis, laissant 850 € ;
- les 30 % belges sur ces 850 € font 255 € ;
- environ 405 € des 1 000 € de départ sont partis en impôt entre les deux pays.
Les chiffres ci-dessus illustrent le mécanisme, ils ne constituent pas un calcul pour une position précise : l'ordre des opérations, la base à laquelle le taux belge s'applique et l'existence éventuelle d'un crédit sont exactement les détails qui varient selon le pays et l'année.
Ce que rien de tout cela ne supprime : le relevé exigé par votre déclaration
Que le courtier retienne ou non les 30 % belges, la couche étrangère est quelque chose que la déclaration annuelle veut documenté. Pour chaque dividende étranger, le relevé à conserver comprend :
- la date, l'instrument et le montant brut, dans sa devise d'origine ;
- la retenue étrangère déjà déduite à la source, et à quel taux ;
- la retenue belge appliquée, le cas échéant ;
- pour l'allègement conventionnel — les 15 % américains ou un crédit français — la preuve que l'impôt étranger a bien été payé.
Comme pour les plus-values, aucun courtier ne détient l'image complète, et un dividende arrivé sans retenue belge n'est pas un dividende sans impôt belge dû : c'est un dividende dont les 30 % se règlent via la déclaration plutôt qu'à la source.
Le simulateur de précompte mobilier déroule les deux couches d'un tel dividende — l'étrangère, puis la belge — l'une après l'autre.
Vérifiez toujours vos chiffres
Belfolio calcule et présente ces montants à titre d'information uniquement. Ceci n'est pas un conseil fiscal. Les taux de retenue étrangers, les allègements conventionnels et le crédit français en particulier évoluent et sont contestés — vérifiez-les auprès du SPF Finances ou de votre comptable avant toute déclaration.
Publié le 7 août 2026